Et si le problème n’était pas là où il apparaît ?
Et si le problème n’était pas là où il apparaît ?
Lorsqu’un enfant va mal, toute l’attention se porte souvent sur lui.
Lorsqu’un conflit éclate dans un couple, nous cherchons parfois à comprendre qui a tort, qui a raison, qui devrait faire un effort ou changer de comportement.
Lorsqu’une équipe rencontre des difficultés, le réflexe peut être le même : identifier ce qui dysfonctionne… ou la personne qui semble poser problème.
C’est humain. Nous cherchons naturellement une cause à ce que nous observons.
Et pourtant, les relations humaines sont rarement aussi simples.
Nous ne fonctionnons jamais seuls
Nous faisons tous partie de différents ensembles.
Une famille.
Un couple.
Une fratrie.
Une équipe.
Une organisation.
Autrement dit : des systèmes.
Et dans un système, les personnes ne fonctionnent pas indépendamment les unes des autres.
Elles interagissent.
Elles s’adaptent.
Elles réagissent les unes aux autres.
Lorsque l’une bouge, les autres bougent aussi, parfois de manière presque imperceptible.
Imaginez un mobile suspendu : si vous déplacez légèrement l’un de ses éléments, tous les autres vont chercher un nouvel équilibre.
Dans nos relations, il se passe souvent quelque chose de semblable.
Regarder ce qui se passe entre les personnes
L’approche systémique invite alors à déplacer légèrement notre regard.
Au lieu de demander uniquement :
« Pourquoi cette personne agit-elle comme ça ? »
on peut aussi se demander :
« Que se passe-t-il dans les relations autour d’elle ? »
Quelle place chacun occupe-t-il ?
Quelles attentes existent entre les personnes ?
Quels comportements provoquent quelles réactions ?
Quels fonctionnements se répètent ?
Prenons un couple.
Plus l’un réclame de l’attention, plus l’autre peut ressentir le besoin de prendre de la distance.
Plus il prend de la distance, plus le premier cherche à se rapprocher.
Et chacun finit parfois par considérer le comportement de l’autre comme étant le problème.
Pourtant, ce qui entretient la difficulté n’appartient pas nécessairement à l’un ou à l’autre.
Cela peut aussi se trouver dans la boucle relationnelle qui s’est installée entre eux.
Et dans une famille recomposée ?
Cette lecture prend pour moi une résonance particulière dans les familles recomposées.
Parce qu’elles sont faites de liens qui existaient avant que la nouvelle famille ne se constitue.
Un parent et ses enfants.
Deux histoires familiales.
Des habitudes.
Des éducations différentes.
Des loyautés.
Des places déjà occupées.
Puis un nouveau couple se forme et chacun doit progressivement trouver comment exister dans ce nouvel ensemble.
Le beau-parent cherche sa place.
Le parent peut se retrouver partagé entre son couple et ses enfants.
Un enfant peut avoir besoin de vérifier que sa place auprès de son parent n’est pas menacée.
Et parfois, en voulant simplement bien faire, chacun participe malgré lui à créer un équilibre qui finit par devenir inconfortable.
Il ne s’agit alors pas forcément de chercher qui fait mal les choses.
Mais de comprendre ce qui se joue entre chacun.
Un changement peut faire bouger tout l’ensemble
C’est probablement ce que je trouve le plus intéressant dans cette approche.
Il n’est pas toujours nécessaire que tout le monde change.
Parfois, lorsqu’une personne modifie sa façon de se positionner, de communiquer ou de réagir, quelque chose bouge autour d’elle.
Les autres doivent à leur tour s’ajuster.
Et le système cherche progressivement un nouvel équilibre.
Cela ne signifie évidemment pas que toutes les difficultés relationnelles peuvent être expliquées ainsi, ni que les responsabilités individuelles disparaissent.
Mais cette lecture permet de sortir d’une logique parfois très enfermante :
chercher le coupable.
Pour entrer dans une autre :
chercher à comprendre ce qui entretient la situation et ce qui pourrait permettre de la faire évoluer.
Une autre manière de regarder le lien
Cette façon d’observer les relations m’accompagne depuis longtemps, parfois même sans que je mette encore le mot systémique dessus.
Dans mon parcours professionnel.
Dans le management.
Dans l’accompagnement.
Dans les familles.
Dans les cérémonies aussi, finalement, lorsque je m’intéresse à la place de chacun et à ce qui relie les personnes au-delà de l’événement célébré.
Car derrière des contextes très différents, je retrouve souvent les mêmes questions :
Quelle est ma place ?
Comment suis-je en relation avec les autres ?
Qu’est-ce que mon comportement provoque chez eux… et inversement ?
Quel équilibre avons-nous construit ensemble ?
Et surtout :
est-ce que cet équilibre nous convient encore ?
Aujourd’hui, cette approche nourrit de plus en plus ma pratique et ma réflexion autour du lien.
Elle m’accompagne également dans un nouveau parcours de formation, où le cheval vient ouvrir une autre manière encore d’observer ce qui se joue dans la relation.
Mais ça… je vous en parlerai très bientôt.



